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Hors de l’exotisme et des stars, point de succès pour les expositions grand public? 9 janvier, 2016

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Beaver Hall salle 2

Les musées de Montréal nous offrent régulièrement des expositions qui pourraient se classer dans deux catégories : les « stars de l’art » et « les trésors de ».  Les Montréalais – et les touristes – se précipitent pour voir les célébrités de l’art et du patrimoine mondial précédées par des décennies de marketing artistique et touristique.  Entre ces icônes mondialisées immédiatement compréhensibles – Monet, Picasso, Incas, Warhol et autres – et un art moins accessible ou des œuvres d’artistes nationaux ou locaux, le choix est facile.  Mais à n’exposer que des stars de l’art ou des civilisations auréolées de mystère, on renforce chez le public l’habitude de ne se déplacer que lorsque l’exotisme sous toutes ses formes passe en ville.  Ce faisant, le musée  néglige une dimension importante de sa mission, celle de mettre en valeur sa propre société.  Sans arbre généalogique de notre propre génie humain, il devient plus difficile de construire son identité propre et de créer, ici, un art fort et authentique. Les Européens et les Américains ne se privent pas de le faire, pourquoi pas nous?

Le Musée des Beaux-arts de Montréal, qui fait souvent dans le star system, a heureusement déployé depuis quelques années sa collection d’art québécois et canadien dans plusieurs salles d’un nouveau pavillon. Cette exposition est à la fois instructive, convaincante, attrayante et riche en découvertes même pour un amateur un peu connaissant.  Mais, on le sait, ces expositions en place pour longtemps ne font pas courir les foules. De plus, ils ne donnent qu’un aperçu très sommaire et parfois injuste des artistes représentés. De plus, le budget de promotion va ailleurs, et c’est compréhensible.

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Cette fois, le MBA met en vedette un groupe d’artistes en majorité anglo-canadiens dit du Beaver Hall, présenté sous le titre (malheureusement flou et confondant)  « La couleur du jazz ».  Ce groupe, quoiqu’éphémère, a rassemblé de  grands artistes, dont un grand nombre de femmes artistes. On est loin des audaces modernes d’outre-Atlantique et de sa bohème libérée qui osent casser les moules, mais les artistes qu’on nous présente ont su créer des œuvres fortes et inspirantes. L’exposition, qui structure le parcours selon les thèmes et sujets représentés, est riche en notes biographiques, stylistiques et avec de nombreuses références au contexte social de l’époque.

HewardBeaver Hall 2

La mise en scène est agréable et parvient à éviter la monotonie, malgré une muséographie assez classique qui se permet néanmoins de créer des contrastes d’une salle à l’autre. Le clou de l’exposition est d’ailleurs à mon avis, l’avant-dernière salle, toute peinte en noir, où une succession de portraits – le plus souvent des sujets féminins, devient une véritable fête de couleurs et de formes. Par leur nombre et leur qualité, les tableaux démontrent une grande maîtrise picturale et formelle et un souci de décrire la condition sociale des sujets. 

Beaver Hall salle

J’ai cependant regretté qu’on passe sous silence (à moins que j’aie manqué cette référence) le fait que le monde artistique montréalais de l’époque est très clivé, artistes anglophones et francophones  vivant dans des univers séparés, et sont certainement issus de milieux aux conditions sociales très différentes. Il faut se tourner vers l’exposition permanente pour le savoir, sinon, sur des sites plus spécialisés comme  celui du Musée des Beaux-arts du Canada.

http://cybermuse.gallery.ca/cybermuse/enthusiast/thirties/content_f.jsp?chapter=0  

On y mentionne par exemple que dans le groupe,  seul l’artiste Edwin Holgate parle français et fait le pont entre les deux sociétés. À la fin des années 1939, un autre groupe, majoritairement anglophone mais suivi par des critiques francophones, la Société d’art contemporain, fut formé pour, entre autres,  rapprocher des artistes francophones et anglophones autour d’une autre idée de la modernité.  Ce bel idéal ne survivra pas aux audaces d’un de ces membres, Paul-Émile Borduas, et à son Refus global (et ses collaborateurs), profondément canadien-français (québécois) dans son propos et ses  révolte contre un état de soumission et de domination de son peuple. Sans rien enlever au projet de valorisation de l’exposition et à une certaine image d’unité de l’art canadien qui s’en dégage, cela  aurait certainement permis de mesurer les limites des préoccupations sociales de ces artistes du Montréal bourgeois de l’époque.  Et on peut se consoler ou se désoler de savoir qu’encore aujourd’hui, tout en étant un incubateur culturel extraordinaire, Montréal demeure une société qui dans certaines milieux, demeure clivée culturellement, audelà des apparences. (Voir par exemple sur Arcade Fire http://blogues.lapresse.ca/brunet/2014/08/31/arcade-fire-et-le-montreal-franco/)

 

Beaver nu

Saluons les organisateurs de cette exposition d’avoir réuni enfin un corpus important des œuvres du groupe et de les promouvoir avec des moyens dévolus aux expositions majeures, grâce aux outils de communication et de marketing bien rodés du MBA.  La présence d’une foule nombreuse semble démontrer que ce choix peut être profitable pour un musée ,et, certainement, pour la société dans laquelle il oeuvre!

Pérou, or, histoire et sang 6 avril, 2013

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Ornement mochica.  Exposition Pérou au MBAM

Ornement mochica présenté dans l'exposition Pérou au MBAM. Photo Joaquin Rubio

 

 

 

 

Le Musée des Beaux-arts présente depuis quelques semaines l’exposition Pérou, royaume du soleil et de la lune. Il nous offre des pièces uniques de diverses collections. On y trouve les attendus ornements d’or et d’argent, certains spectaculaires, dont les représentations font partie de notre culture populaire depuis longtemps (qu’on pense à l’album de Tintin Le Temple du soleil). On aussi peut y admirer des pièces des Mochicas, dont plusieurs représentent des humains, de sensibles portraits qui nous donnent l’impression d’entrer en contact avec ce peuple. Autre attrait de cette riche exposition, des tissus aussi rares que magnifiques, dont certains viennent de la collection du MBA (d’ailleurs, ce musée devrait mettre en valeur sa collection de civilisation, et pourquoi pas, par une exposition d’interprétation permanente sur l’histoire des civilisations. La culture générale de nos concitoyens en serait enrichie). La présentation est honnête, avec un effort de mise en scène dont ne se prive heureusement pas le MBAM depuis quelques années. Il faut seulement regretter quelques insuffisances au niveau de l’éclairage, du support, de la lisibilité et de la disposition des cartels.

Il faut noter un certain décalage entre l’image choisie pour l’affiche vedette – un ornemant éblouissant , qui laisse croire à une exposition sur les civilisation précolombiennes,  et les intentions des concepteurs. Le fil conducteur de l’exposition, que nous découvrons au cours de la visite, est en effet moins l’histoire et les cultures des peuples autochtones d’avant la Conquête espagnole, que celle de la construction identitaire de la nation péruvienne à travers son art national.   L’indianité profonde du Pérou, écrasée par la conquête espagnole, fut récupérée par les penseurs et créateurs nationalistes bolivariens et leurs successeurs au 20e siècle qui voulaient se démarquer de la culture de leur ancienne métropole. Les archéologues jouèrent un rôle majeur dans cette redécouverte. Leur place dans l’exposition est donc importante.  

http://www.mbam.qc.ca/bibliotheque/media/1-perou-communique-de-presse-mbam.pdf

Les salles consacrées aux peuples précolombiens nous convainquent du raffinement de leurs cultures jusqu’à la période de l’Empire inca et sa destruction violente par les Espagnols. Ce moment charnière se raconte pourtant, muséographiquement, dans les deux salles les moins riches de l’exposition. Le choc que fut  l’arrivée des Espagnols est peu développé. Une pauvre reproduction du codex de Garcilaso de la Vega sur un mur, sert à évoquer la spoliation sanglante des nations autochtones par des aventuriers et militaires espagnols, avec l’assentiment de la monarchie espagnole et du clergé. L’autre salle est aménagée pour mettre en valeur  un documentaire projeté sur grand écran et portant sur le pillage des tombes précolombiennes et la destruction du patrimoine. Des dizaines d’objets sont disposés dans la pénombre, sur des étagères évoquant les réserves archéologiques. Bel effort de mise en scène qui, malheureusement, se confond à du décor, alors que les objets quotidiens qu’elle montre témoignent pour la plupart de la vie quotidienne  des populations précolombiennes sans les ors ni le luxe des objets rituels des salles précédentes.

Les autres salles nous présentent l’émergence chez les artistes péruviens d’un intérêt pour les cultures autochtones nationales. Après avoir vu le raffinement et la profondeur spirituelle et humaine de l’art des peuples précolombiens, les œuvres des époques suivantes, celles de la colonie espagnole et de la nation péruvienne, même fabriquées dans les matières les plus précieuses, nous paraissent bien fades, pâle reflet métissé de celles qui précèdent. Comme les textes nous l’indiquent, le génie créatif des premiers peuples doit désormais se camoufler derrière les valeurs, les croyances et les goûts des conquérants.

L’histoire du monde nous a habitué à bien des horreurs, mais ce qui se passa dans les Andes péruviennes et au Mexique fut une tragédie dont les peuples autochtones se relèvent à peine. Notre accès aux trésors de ces civilisations, il faut s’en souvenir, on le doit aux conquérants qui ont transformé leurs biens sacrés et leurs objets usuels en trésors, en or et en argent pour leurs coffres avant que les archéologues ne cherchent à en tirer d’utiles connaissances sur ces civilisations disparues. Comme visiteur intéressé par l’histoire autant que par l’art, j’aurais aimé que cette exposition fasse du choc humain et artistique de la conquête non pas un moments parmi d’autres d’une chronologie nationale, mais l’événement clé, destructeur et refondateur, qui aurait éclairé d’une lumière plus crue notre compréhesion de l’art du Pérou.  Sans vouloir jouer les gérants d’estrade, connaissant trop bien le travail gigantesque que demande une exposition de cette envergure, j’aurais souhaité une exposition instructive qui soit moins classiquement pédagogique et linéaire. L’expérience aurait été à mon avis plus marquante.

Jean-François Leclerc

Le musée créateur? 8 août, 2012

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Le musée créateur? dans blogue exposition Lepage-contact2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Écouté une bonne partie de la superbe entrevue de Stéphan Bureau avec Robert Lepage (Canal Savoir, dans la série Contact). De quoi alimenter une réflexion muséale. Muséale, me direz-vous?  Oui. Nos institutions se voient comme professionnelles, compétentes et bien organisées en divers domaines et gardiennes de savoirs et de patrimoines, plus rarement comme des créatrices.

Pourtant, notre travail au 21e siècle si tourné vers la diffusion, se compare à celui des créateurs, particulièrement à ceux qui comme Robert Lepage, jouent avec divers médias pour créer des univers à la fois intimes et universels.Répondant aux questions de Bureau, Lepage évoque les conditions qui stimulent lacréation : un « bon bordel », une certaine désorganisation propice au foisonnement qui favorise les accidents catalyseurs, un contexte qui
provoque les objets, les lieux, les détourne malgré eux de leurs fonctions  originales pour en faire des outils inédits d’évocation. Autre  condition, l’attention et l’écoute patiente du monde, de l’environnement, pour laisser le temps au temps de faire apparaître en nous les mondes qui se cachent derrière les apparences, comme le font les sculpteurs inuit qui, des heures durant, attendent qu’un rayon de soleil ou une ombre révèle sur une pierre, un paysage, un animal, un groupe de chasseurs, que leur talent taillera pour les faire apparaître aux yeux de tous. Il faut aussi accueillir les commentaires des collaborateurs et des spectateurs qui nous amènent plus loin. Il faut enfin considérer la création comme une aventure imprévisible, et non comme démonstration d’une thèse ou un cheminement complètement contrôlé.

Je serais étonné que, dans nos musées, on se soit beaucoup attardés aux facteurs qui favorisent le
processus créatif. La volonté de contrôle l’emporte probablement, plus souvent qu’autrement, sur le laisser faire créatif. La rapidité du processus  d’élaboration des expositions et des autres activités, nous précipite souvent vers des recettes et des idées convenues, au lieu de nous inciter à risquer, à faire des essais. Oser et ne pas avoir peur de se tromper, selon Lepage, c’est ce qui manque actuellement à notre société québécoise. C’est comme cela qu’on construit une œuvre, une manière, une voie nouvelle. La muséologie en a besoin, plus que jamais, avant que le mimétisme et le conformisme ne contamine toutes nos institutions.

Jean-François Leclerc, muséologue

Le musée éducateur, vraiment? 30 août, 2011

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Les musées accordent beaucoup d’importance à leur mission éducative. Cette mission est fondamentale, le musée moderne ayant été créé justement à des fins d’émulation et d’éducation (le Louvres suivi de tous ses successeurs.) Mais de quelle éducation parle-t-on?  Qu’est-ce qu’éduquer? Je ne suis pas certain que nous nous penchions souvent sur cette question. Nous réfléchissons certes sur la meilleure manière de transmettre les connaissances, chacun dans notre discipline, mais le plus souvent, c’est pour mieux répondre aux exigences des programmes scolaires et nous y adapter, clientèle oblige. Éduquer, pour la plupart d’entre nous, c’est communiquer de manière attrayante un savoir plus ou moins spécialisé – histoire, science, arts etc. Dimanche matin, à l’émission radio Dessine-moi un dimanche, à la Première chaîne de Radio-Canada, deux philosophes répondaient aux questions de l’animateur Franco Nuovo.  L’un d’eux, Normand Baillargeon, abordait le thème de l’éducation, à partir de la pensée de Richard Stanley Peter qui, dit-il, a développé dans ses écrits une vision de l’éducation qui a traversé les siècles depuis Platon. 

http://www.radio-canada.ca/emissions/dessine_moi_un_dimanche/2011-2012/ Selon Peter, éduquer, c’est transmettre des connaissances qui transforment pour le mieux celui qui les reçoit; c’est transmettre la compréhension de ces savoirs, de manière à permettre à l’apprenant de comprendre le monde et de se mettre en contact avec ce monde et avec soi-même; c’est développer une autonomie d’être et de pensée et une dignité qui rendent libre. L’objectif ultime demeure la création d’une culture commune qui ne soit pas qu’une accumulation de savoirs spécialisés (c’est ce que donne l’école performante adaptée au marché), mais bien l’intégration et la capacité d’établir des rapports créatifs entre ces savoirs. 

Le musée d’histoire et de société a tout de qu’il faut pour éduquer dans ce sens-là. Encore faut-il qu’il ne se contente pas de transmettre des connaissances factuelles, comme il le fait le plus souvent avec beaucoup de talent et d’efficacité. Rend-il son visiteur ou l’élève qu’il accueille plus libre, digne, autonome, doté d’un sens critique et capable de relier entre elles de manière créative les connaissances acquises? Cela est loin d’être certain, en dépit de la bonne volonté de tous nos bons éducateurs et animateurs muséaux. Le développement de la liberté de penser exige que l’on soit libre soi-même. Or le musée, soumis à divers compromis et impératifs sociopolitiques, se contente souvent de jouer dans sa zone de confort, celle du tourisme et du loisir intelligent. Au cours des années, en voulant mieux servir ses consommateurs culturels, il a consenti peu à peu à être instrumentalisé par le milieu scolaire et ses exigences, moulant ses activités aux programmes. S’il ne manque pas d’ouvrir les esprits, de donner aux élèves le goût de connaître et leur faire vivre une expérience intéressante (brève, trop brève à mon avis), le musée rend-il ses visiteurs plus libres, critiques et éveillés? Dans le contexte des loisirs qui est désormais le sien, se satisfait-il de les voir retourner chez eux un peu plus contents et satisfaits de leur monde? 

Il me faudra bien lire et donner à lire ce M. Peter!  Jean-François Leclerc Muséologue 

Promenade estivale 3 – Les expositions dans des espaces non muséaux: Espace Création Loto-Québec 22 août, 2011

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J’aime bien les expositions qui habitent des lieux non muséaux.  Pour moi qui travaille dans une institution muséale, ces lieux inhabituels me semblent offrir un contact plus direct et accessible avec les œuvres.  Une promenade estivale m’a amené dans un de ces lieux, Espace Création Loto-Québec.  Mais c’est une galerie d’art, me direz-vous!  Oui, d’une certaine manière.  Pourtant, le public qui fréquente l’édifice en sait probablement peu de choses, la remarquant à peine en se rendant au travail ou en rêvant du gros lot qui changera une vie.  Rien des codes muséaux habituels, car l’espace se trouve en retrait, simple ouverture rectangulaire qui, sans la signalisation photographique bien présente, n’attirerait pas l’attention. http://lotoquebec.com/corporatif/nav/evenements-commandites/espace-creation 

Le commissaire a choisi une muséographie qu’on voit parfois dans les musées de civilisation ou d’histoire, mais rarement dans les musées d’art. L’exposition Entreprise collective présente les œuvres en grande partie québécoises tirées de collections privées d’entreprises dans un décor réaliste de bureau.  Elle est fondée sur une enquête audio-visuelle de Nicolas Mavrikakis sur la constitution de ces collections.  Demies cloisons, meubles fonctionnels occupés par la paperasse, les ordinateurs, les stylos et autres objets typiques – tasses, photos de famille.  Même le préposé de la galerie se fond au décor avec son bureau semblable aux autres. L’effet est si trompeur que l’ami qui m’accompagnait a d’abord rebroussé chemin, croyant être entré dans un…bureau de grande entreprise! 

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Si la surchar ge voulue de ce décor écrase un peu les œuvres, son cloisonnement, ses racoins si peu habituels dans les musées permettent de fureter à notre guise et de s’approcher des œuvres au-delà des distances normalement permises, le nez collé sur les vitres s’il le faut (il y a certainement quelques part des caméras tout de même?). Des Suzor‑Côté, Riopelle, Warhol, Pellan, Hurtubise, et de très nombreuses oeuvres d’artistes contemporains ont satisfait mes goûts éclectiques. Le plaisir d’avoir l’impression que tout cela est à notre disposition et nous appartient, ou presque, l’espace de quelques minutes.  Avant de retourner malheureusement dans de véritables bureaux où on rêverait presque de travailler.

Jean-François Leclerc

Muséologue

Centre d’histoire de Montréal 

Promenades estivales 2 – Les expositions permanentes : Regarder de biais pour mieux voir 25 juillet, 2011

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La visite d’une exposition permanente n’apporte pas seulement le plaisir de voir défiler l’histoire de l’art à travers les tableaux d’œuvres grandes ou modestes des grands noms du panthéon artistique occidental.  On ne peut se plaindre de voir des Matisse (Portrait au visage rose et bleu), un Picasso (Étreinte), un Karel Appel (Portrait de Sir Robert Read),  et plusieurs autres noms bien connus de la révolution artistique du 20e siècle, sans oublier les Hurtubise et autres œuvres de la collection contemporaine ma foi très stimulante de la collection permanente du Musée des Beaux-Arts.

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À mon avis, le véritable plaisir d’une fréquentation plus assidue de la permanente est de laisser le regard se perdre, comme ses pensées, dans les fonds des paysages, les détails, la manière, la couleur, la pose et l’expression, toutes choses qui ne se donnent pas à voir au premier coup d’œil d’ensemble, encore moins lorsque les tableaux ou les peintres n’ont pas reçu l’auréole de la sainteté plastique accordée aux vedettes mondialisées du pinceau.  

Ainsi, on arrive à retrouver dans un Gainsborough, un coup de pinceau étonnamment moderne (un portrait du 18e siècle dont j’ai omis de noter le titre).    gainsborougharbres.jpg

Ou s’ébahir devant la carnation onctueuse d’un christ déposé de sa croix (Pieter Van Mol, La déposition)  vanmoldposition1630.jpg

Ou s’accrocher aux fins détails du  tableau moraliste (Vanité) d’un peintre inconnu (pour moi) du 17e siècle, N.L.Peschier, qui évoque les tableaux hyperréalistes actuels, des collages ou même des installations contemporaines.   mbalotoetc6juillet2011123.jpg Ou bien, trouver d’étonnantes correspondances esthétiques entre un tableau baroque d’Abraham Bloemaert du 17e siècle (Rentrée de la moisson) et le célèbre Déjeuner sur l’herbe de Manet (années 1860), tant dans la pose que dans la composition du tableau (je vous laisse en juger). 

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La gratuité permanente de la permanente, c’est donc la possibilité de se laisser dériver doucement, à répétition, sans obligation de consommer les œuvres qu’on nous donne à voir temporairement et qu’il faut voir absolument, nous dit-on, avec tout qu’on nous en dit.  On peut se laisser simplement regarder de biais petits et grands tableaux pour mieux voir, pour se mieux voir, pour nous mieux voir comme société créatrice de modes et chercheuse de nouveautés à tout prix.  Parfois, cette nouveauté était déjà apparue, comme figurante, incognito et …de biais.

Jean-François Leclerc

Muséologue 

Promenade estivale 1 : Photographier, pour s’approprier une exposition 17 juillet, 2011

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Voilà.  Le travail, les projets nombreux (dont Quartiers disparus, et 100 ans d’histoires. Raconte-moi Parc-Extension) ont laissé place aux vacances et à du temps pour, entre autres, visiter les expos des autres, pour laisser aller les idées, les impressions, les réflexions qui surgissent au gré des découvertes.

Plus que jamais, monsieur et madame tout le monde peut photographier tout et rien, à tout moment, sans préparation et, grâce aux téléphones, dans la plus grande discrétion. Pauvres gardiens de sécurité qui doivent exercer leur vigilance jusqu’à la crise de nerf.  Tous les visiteurs, aujourd’hui, sont des malfaiteurs en puissance.  Pour contenter son goût de souvenirs artistiques, il faut donc  jouer au délinquant candide, au risque de se faire apostropher plus ou moins gentiment comme lors d’une exposition rétrospective sur Louise Bourgeois au Centre Pompidou à Paris. 

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André Derain. Plage de Varengeville. Normandie. Musée des Beaux-Arts de Montréal

http://www.mbam.qc.ca/fr/provenance/oeuvre_262.html

Pour vous et moi, capter (sans flash, évidemment) un tableau, une sculpture ou quelques œuvres ou objet exposé dans un musée est un geste anodin mais important.  Cela nous permet de nous approprier un peu de l’œuvre, d’en rapporter un reflet imparfait et parfois même malhabile, de s’en inspirer, de s’en délecter au-delà des murs du musée et dans l’intimité de chez soi, ou encore d’en partager la découverte avec des amis.  Quelle meilleure manière de diffuser l’intérêt pour l’art et son histoire. 

Pour le quidam sans appareil sophistiqué  (la majorité d’entre nous), cet interdit de photographier des œuvres au musée nous rappelle une implacable réalité : une partie des grands trésors de l’humanité sont de propriété privée.  Mais comment alors, l’image numérique d’une œuvre prise par un visiteur pourrait-elle affecter de quelque manière le profit que son propriétaire pourrait en tirer?  Les droits les plus lucratifs ne sont-ils pas payés par les petits et grands médias, les institutions privées et publiques qui ne pourraient les contourner sans risque pour leur réputation et leurs deniers?  Le message de l’interdit vaut-il plus que les intérêts qu’il recouvre : ceci est une propriété privée?

Il ne s’agit pas ici de contester ce fait et les quelques risques réels mais limités de voir diffuser une image captée par un appareil professionnel). Il s’agit d’en souligner l’impact sur l’expérience du visiteur. Comme je le notais dans un blogue précédent sur nos comportements de consommateurs, versus de visiteurs de musée, le magasin a l’avantage d’offrir la possibilité de s’approprier l’objet de ses rêves et de ses désirs (moyennant quelques deniers!). Ce qui n’est pas le cas au musée, à moins qu’on se contente d’une publication, d’une carte postale ou d’une reproduction. Dans tous ces cas, le plaisir de la possession est reporté et se consomme avec un arrière-goût de saveur artificielle.  Lors d’une visite au Musée des Beaux-arts de Montréal en compagnie d’un ami qui n’apprécie par particulièrement la mode , je lui ai proposé de voir la collection permanente.  Bonne idée.  J’ai réalisé que le musée procédait à une rotation des œuvres, et surtout, qu’il avait intégré à sa collection des œuvres prêtées…qu’il  était permis de photographier!!! Dire que je me contorsionnais pour passer inaperçu.  Me voilà comblé et enfin possesseur de mes coups de cœur. Suite au prochain blogue!

Jean-François Leclerc

Muséologue

Cher Pierre, altermuséologue 30 mars, 2011

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Tu étais pour plusieurs déjà un souvenir, tu es aujourd’hui une poussière d’étoiles qui scintillent dans le cœur et l’esprit de tes amis et collègues. La maladie t’a emporté, mais tu la vivais comme si elle n’existait pas.  Courageux, même si tu n’aurais pas aimé qu’on te le dise. Tu souffrais de n’être plus la fougue incarnée de ton passé, un passé dont j’ai entendu parler mais dont les fruits sur cette terre québécoise étaient bien trop discrets pour qu’on te les attribue. La Portugal de ta dulcinée t’avait écouté, respecté, ouvert des territoires d’expérimentation qui t’ont permis de poursuivre une œuvre, une pensée ici fondue dans la pratique muséologique commune.

Don Quichotte, comme le disait un de tes collègues venus te rendre hommage ?  Prophète dans le désert à la parole idéaliste, comme je te l’avais dit à l’occasion ?  Certainement, ton audace parfois sans lendemain, tes appels écrits au dépassement muséologique et récemment, à l’altermuséologie, étaient des cailloux lancés au monde muséologique international et québécois  qui pour diverses raisons, se contente parfois de ses indéniables acquis. 

Au début des années 1990, j’avais découvert dans le cadre de ton cours sur les nouvelles muséologies, que le musée et ses outils de communication pouvaient être au service de la population et pas seulement d’un marché touristique et culturel.  Tu étais un peu brouillon Pierre, et pas toujours un bon communicateur, mais tu arrivais à convaincre par ton honnêteté et ton exemple.

Plusieurs années s’étaient écoulées avant qu’on se revoie au cours des années 2000 dans le contexte du défunt Forum québécois du patrimoine.  Déjà touché par le sournois désordre cellulaire qui t’emporta, mais bien déterminé, tu avais continué de collaborer et de détonner avec plaisir.   Peu à peu, tu m’as convaincu de me rapprocher du MINOM et de participer, de loin, à sa réflexion et à quelques rencontres internationales.  Ce n’était pas pour moi évident, car je conservais de la muséologie sociale une image très engagée, radicale même, dans laquelle ni mon institution ni ma pensée ne correspondaient tout à fait.  Le contact avec toi fut ponctuel, pas soutenu, mais suffisant pour entretenir la conviction que tu incarnais, que le musée pouvait jouer un rôle social et avoir un impact sur les citoyens. Tu portas sans fléchir ce message  malgré plusieurs déboires personnels et professionnels,  avec une reconnaissance répétée de collègues partout dans le monde.

Comme d’autres collègues, j’ai été invité au Portugal où tu demeurais et travaillais une partie de l’année.  J’ai partagé un peu de ton quotidien, échangé avec toi et ce faisant, plus ou moins consciemment, mieux campé mes propres valeurs muséologiques, à la fois en harmonie et éloignées des tiennes.  J’ai appris à mieux te connaître, au point de pouvoir te parler franchement et même, à certains moments, à te reprocher de ne pas écouter suffisamment. Comme d’autres, je t’ai accompagné lors de ta rechute des Fêtes 2009-2010, où tu as failli faire ses adieux au monde.  Tu as survécu, renaissant encore à tes rêves, à ton goût d’écrire, de partager ta vision.  L’automne dernier, grâce aux efforts de René Binette de l’Écomusée du fier monde et de René Rivard, de Cultura, ta candidature avait été présentée pour le prix Carrière, que tu as reçu, pour la plus grande joie de tes collègues et amis.  Une reconnaissance ultime de ton propre pays québécois que tu attendais depuis longtemps.

J’aurais aimé te revoir, avant ton départ ultime.  Tu as voulu vivre les derniers moments avec tes proches.  Nous ne savions même pas que tu étais revenu à Montréal.  Tu seras là désormais par tes écrits, les souvenirs, et des rencontres qu’il faudra bien organiser autour de ta vision. Le courant de pensée que tu représentais touche beaucoup de muséologues, ici et ailleurs. Mais qui incarnera désormais cette parole ? 

Au revoir, Pierre.

Jean-François

Muséologue

Le faux portrait de Jeanne Mance ou les interprétations historiques au musée 7 mars, 2011

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Aujourd’hui, la Ville de Montréal annonçait son intention de reconnaître le rôle de Jeanne Mance, une Française venue en 1642 aux côtés du soldat Maisonneuve pour fonder Ville-Marie, fort missionnaire à l’origine de Montréal.  À la télévision, on nous montra pour la représenter un portrait bien connu du personnage, à la mine soumise et éteinte, du genre vieille fille un peu coincée. Gravé au 19e siècle et tout à fait fantaisiste, ce portrait est en effet devenu officiel à force d’être repris.  Il est toujours étrange de constater combien l’image ancienne échappe souvent à la critique qu’on applique pourtant aux écrits et aux photographies contemporaines avec plus de rigueur.  Pourtant, toute image est porteuse d’un message qu’il serait bien de décoder (voir ce lien de la Bibliothèque et archives nationales à ce sujet.)

http://www.banq.qc.ca/ressources_en_ligne/branche_sur_notre_histoire/personnages/imagerie.html

Cette actualité commémorative me permet de faire une association télévisuelle peut-être un peu tirée par les cheveux, mais qui sert bien mon propos.  Allons-y. À Télé-Québec, la semaine dernière, le premier de la série documentaire Bienvenue dans le nano monde faisait état des recherches récentes en nanotechnologies, notamment celles portant sur le carbone, un élément fondamental de notre planète.  On y parlait notamment d’un microscope qui permet de voir la surface de la matière comme un fascinant arrimage de particules, ceci faisant permettant d’imaginer qu’un jour, les objets ne seront plus produits par l’assemblage de blocs de matière, mais atome par atome. Un des scientifiques fit cette observation: autrefois, la matière était représentée par des symboles (chimiques et autres) et des schémas.  Les images de l’infiniment petit obtenues par ces microscopes donnent des images saisissantes et plus proches de la réalité que celles des publications d’antan. Bien sûr, elles sont imparfaites comme toute représentation, comme le souligne le chercheur, et peuvent être parfois trompeuses.  Pourtant, disait-il, elles sont nécessaires.  En effet, selon lui, les chercheurs, comme tous les humains, ont besoin de ces représentations pour concevoir de nouvelles idées.

http://www.telequebec.tv/documentaire/documentaire.aspx?idCaseHoraire=102035182§ion=presentation

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L’exposition permanente du Centre d’histoire de Montréal

Le musée d’histoire agit aussi comme ce microscope, mais de manière beaucoup plus artisanale.  Il assemble des fragments de connaissances et de concepts historiques parfois complexes pour reconstituer le passé, le rendre perceptible et sensible. Pour y arriver, il tente de constituer un récit continu qu’il veut lisible et cohérent, à partir de textes, d’images et d’objets très divers disposés dans l’espace muséal. En cherchant à donner au visiteur l’impression d’un récit continu, malgré les contradictions et les trous de la recherche historique, le musée propose ce faisant, des interprétations de l’histoire qui ne sont pas toujours en concordance parfaite avec celles des historiens spécialistes sur lesquels il appuie son travail. Qui prend le temps de les décoder ? Rares pourtant sont ceux qui se sont penchés sur ces questions, sinon peut-être ici, Claude-Armand Piché, anciennement de Parcs-Canada.  Donc, appel à tous, chercheurs de toutes disciplines, la matière ne manque pas !

Jean-François Leclerc

Muséologue

L’histoire locale: pour que notre existence n’ait pas été vaine 25 décembre, 2010

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Le Centre d’histoire de Montréal organisait à la mi-décembre, l’atelier Raconte-moi ton Parc-Extension pour le quartier du même nom qui célèbre son 100e anniversaire en 2010-2011.

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Ce quartier montréalais fut développé à partir de 1907 par des promoteurs immobiliers pour attirer les familles ouvrières au nord de Montréal.  D’abord habité par des immigrants britanniques et d’Europe de l’est, et quelques canadiens-français, il vit arriver après la Deuxième guerre mondiale des immigrants d’Europe du sud, en particulier de Grèce, qui seront remplacés peu à peu par des résidants du sous-continent indien.  Cet atelier était destiné à initier les citoyens aux diverses manières de communiquer leurs connaissances et leur expérience du quartier : entrevues avec des proches et voisins, scrapbook, ligne de temps personnelle, vidéo etc.  Des résidants anciens et récents de diverses conditions et langues s’y sont retrouvés avec plaisir pour travailler à une ligne de temps où leur perception de leur histoire personnelle venait s’insérer dans celle des moments clés de l’histoire du quartier. 

 On peut déjà faire quelques observations. Dans un quartier relativement tranquille, la mémoire des résidants  se cristallise souvent autour des moments de changement personnels importants : arrivée, débuts de l’installation et de la découverte du quartier.  Pour le reste, la vie familiale et le quotidien prennent le dessus et tendent à dissoudre la mémoire des événements dans la routine métro-boulot-dodo: difficile d’en démêler l’écheveau sans ces échanges soutenus de l’atelier et la stimulation par des dates, des images tirées des archives et des questions bien ciblées.  Autrefois, et encore maintenant dans plusieurs cas, la vie de quartier est vécue plus intensément au quotidien par les femmes (du moins aux époques où elles étaient plus à la maison). Cette quête de témoignages est d’autant plus importante qu’autrefois, dans les quartiers ouvriers, peu de gens avaient des appareils photos ou des caméras pour capter leur vie de quartier, comme le soulignait un participant.  

 http://www.histoireparcextension.org/photos 

Aux historiens ou muséologues travaillant sur de grands territoires, des sociétés et des phénomènes collectifs, les recherches des sociétés historiques locales peuvent paraître un peu refermées sur elles-mêmes, avec le seul souci d’accumuler des données, de colliger des faits, des dates et des noms.  Si cette vision caricaturale et un peu hautaine rejoint parfois la réalité, elle méconnaît certainement le sens profond de ces actes patients qui construisent l’histoire locale par brindilles et grains de sable et explorent à la loupe l’évolution d’un territoire ou d’une communauté.  Les musées aux thématiques et territoires plus vastes s’en font rarement l’écho parce que cette histoire risque de n’intéresser que quelques résidants d’un quartier ou d’un village, à moins qu’elle ne touche un lieu devenu emblématique pour tous les Montréalais d’une époque, comme un rue commerçante ou un lieu de culture populaire.   Pourquoi alors accumuler dans le grand sablier déjà encombré de l’histoire ces micro-grains de sables ?  Une ex-résidante du quartier, membre de la Société historique, eut cette réponse éclairante (que je paraphrase): « Ma famille a longtemps vécu ici, j’ai depuis déménagé. Je veux par ce travail donner un sens à notre passage dans ce quartier, je veux prouver que nos vies n’ont pas été inutiles. » Donner un sens à l’existence des peuples, des communautés, des individus si modestes soient-ils, c’est certainement ce qui, profondément, motive la plupart de ceux qui travaillent à dénicher et à comprendre la grande comme à la petite histoire.   

Au-delà du besoin de connaître, c’est ce qui rend ce travail si émouvant et digne de respect.

Jean-François Leclerc

Muséologue

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