navigation

Magasin, musée, marché aux puces : mettre en scène l’abondance 13 février, 2010

Posté par francolec dans : "expo quand tu nous tiens",Arts visuels,blogue exposition,blogue muséologie,Consommateur,expérience expositions,Exposition,Marché aux puces,musée,Musées d'histoire,muséologie,Objets,Visiteur , ajouter un commentaire

dscn6048.jpgdscn6052.jpg

Il y a quelques mois, après la visite d’une église, j’écrivais que la muséographie des temples de toutes religions fut certainement la première forme d’exposition qui soit.  Des emplettes dans une grande surface et une visite au marché aux puces me laissent aussi l’impression qu’il existe des similitudes et quelques différences entre ce que magasins et musées offrent à l’homo consommatus moderne, qu’il soit acheteur de biens utilitaires ou visiteur de musée. 

La grande surface, surtout celle qui promet de prix imbattables, se présente au consommateurs sous des dehors démocratiques et rassurants : une architecture fonctionnelle (son message : nos profits servent à rabattre les prix et non à payer du superflu), une esthétique minimaliste (message : c’est la marchandise qui vous parle, pas le décor), une propreté irréprochable. Le lieu se présente comme démocratique et sans chichi. Cette version moderne du magasin général met en scène l’abondance de ses produits en les disposant selon des codes en apparence logiques, mais selon une classification qui défie parfois la vôtre, peut-être à dessein de prolonger l’errance du consommateur et le mettre en contact avec ce que, au départ, il ne cherchait pas. Dans ce lieu, le consommateur vit une liberté qui l’hallucine : celle de pouvoir toucher, palper, jauger, contempler longuement ou se précipiter avidement sur un objet sans crainte de réprimandes. Le personnel est affairé, peu abondant et discret. Son plaisir de consommer – de jouir de l’objet, commence donc dès le début de l’emplette, alors que le rêve de posséder lui est encore accessible, de même que l’objet, de manière très sensible, et ce, tant qu’il n’a pas pris sa décision finale. S’il est seul, sa relation avec les autres consommateurs est minimale, inversement proportionnelle à celle qui le relie à un objet recherché, désiré, contemplé. En groupe, le consommateur fait de l’objet et de son coût, de ses goûts, dégoûts, étonnements, dépits le cœur des échanges. Sinon, peu ou pas de relation sociale dans le magasin entre les consommateurs qui ne se connaissent pas. 

En poussant son chariot vers la sortie, il se rappelle qu’il a vécu son périple dans un territoire privé, que son rêve de posséder sera réalité s’il passe avec succès la frontière infranchissable de la caisse. Le fait de payer mettra fin à sa rêverie de possession infinie, mais non à l’expérience de la consommation. L’objet chéri est désormais le sien, il le sera aussi longtemps qu’il ne s’en départira pas. 

Le musée met lui aussi en scène l’abondance. À la manière des grands magasins, nés à l’aube de la société d’abondance, au 19e siècle, les musées présentent une architecture distinguée (richement ornée ou plus dépouillée, classique, contemporaines) qui a la fonction, comme ces vénérables temples de la consommation, d’annoncer une marchandise de qualité et un service de connaisseurs. À la différence du consommateur, le visiteur de musée paye avant d’entrer. Il doit anticiper le plaisir de consommer, en espérant qu’il soit à la hauteur de ses attentes, mais surtout, consommer sur place par la contemplation, le jeu et la lecture. L’objet de musée est fortement chargé de sens. Au magasin, chaque consommateur investit de ses attentes symboliques et pratiques (en partie conditionnées par la publicité). Au musée, la valeur de l’objet exclu du monde utilitaire ou décoratif qui a déterminé sa production, est attribuée par le conservateur ou le spécialiste.  Ceux-ci,plus ou moins selon le cas, lui impriment le sceau d’un certain consensus social au sein de leur communauté d’intérêt et de leur société. Le musée, à la différence du magasin, organise la mise en scène de sa « marchandise » selon des codes qui ne sont pas seulement matériels (espace fonctionnel, conservation) mais intellectuels et savants : histoire de l’art, récit ou chronologie historique, courant artistique, œuvre. La liberté de déambuler du consommateur visiteur, ici, ne lui octroie pas l’illusion de posséder ou de pouvoir posséder. La distance entre lui et l’univers de l’art et du patrimoine est claire et infranchissable. L’objet est intouchable. Il ne peut rapporter du musée que des impressions, des souvenirs. Au mieux, il achètera un bibelot de la boutique, un erzatz de l’authentique objet qu’il a côtoyé. L’expérience du visiteur cesse dès le moment où il sort du musée. La possession matérielle de l’objet, celle qui permet au consommateur de poursuivre son expérience hors du magasin, est ici ce qui lui est interdit. Au dehors, finis l’histoire, l’art, le patrimoine, finie la science : la réalité quotidienne, son chaos ordinaire et l’esthétique personnalisée de son « home sweet home » reprennent leur place dominante.  L’objet reste au musée. 

S’il existe un lieu qui, à sa manière, combine sans le savoir les deux expériences de visiteur de musée et de consommateur, c’est peut-être l’hyperpopulaire marché aux puces. Quoi de plus étrange que le spectacle de ces lieux devenus le dernier recours avant la poubelle d’un patrimoine familial et domestique qui n’a pu assurer sa transmission. Le bazar semble abolir toutes les conventions et préventions communes au magasin et au musée tout en offrant le meilleur de l’un et de l’autre : son accumulation sans ordre ni prétention d’organiser (la pile, la juxtaposition, l’exposition sans vitrine), ni classement apparent, sa déambulation labyrinthique et parfois difficile, sa gratuité à l’entrée comme à la sortie, son atmosphère non aseptisée avec poussières et odeurs garanties, ces échanges animés avec les commerçants, le contact direct admis, même un peu rude avec l’objet. Au marché aux puces, la valeur de l’objet est celle que vous y mettez, de même que le prix, prétexte à un jeu de sur et de sous-évaluation qui se termine – ou pas, par un compromis. Au plaisir de tâter, jauger l’objet matériel, s’ajoute celui de l’échange, du jeu. Enfin, une fois l’entente conclue et les billets sortis de poche, ce morceau de nostalgie, de patrimoine, de design d’un autre âge vous accompagnera chez vous, prolongeant indéfiniment votre émotion. 

http://www.youtube.com/watch?v=kjTVAu-fIPI

http://www.journaldestmichel.com/article-260589-Un-marche-aux-puces-au-concept-tres-familial.html

Doit-on s’étonner de voir apparaître ou réapparaître le concept de réserve publique dans plusieurs musées actuels ? Cette sorte de magasin général sous vitrine offre désormais les trésors du musées à une contemplation ouverte à toutes les interprétations et les émotions, loin du discours savant des expositions. Le musée-reposoir des collections d’antan, qui paraissait si élitiste, avait-il hérité dans sa manière de mettre en scène l’abondance du monde, une façon populaire et sans prétention, accessible et attirante de présenter l’univers matériel ? Laquelle rejoint les humains de toute condition ? 

Le comportement du consommateur dans ses traits à la fois contemporains et archaïques, n’aurait-il pas beaucoup à nous apprendre sur notre manière de présenter, au musée, la civilisation matérielle des civilisations passées.

http://www.brooklynmuseum.org/exhibitions/luce/

Jean-François Leclerc

Muséologue

À l’ombre des expositions temporaires: les expositions permanentes 4 janvier, 2010

Posté par francolec dans : "expo quand tu nous tiens",Arts visuels,blogue exposition,blogue muséologie,Centre d'histoire de Montréal,commentaire collection beaux-arts,Commentaires expositions,expérience expositions,Exposition,exposition,Exposition permanente,John William Waterhouse,musée,Musée des Beaux-Arts de Montréal,Musées d'histoire,muséologie,opinions exposition , commentaires desactivés

dscn5749.jpgdscn5732.jpgdscn5781.jpg

Le monde des musées nous a habitués au glamour des expositions temporaires.  Ici comme ailleurs, on se déplace, on court voir ce qui nous est présenté comme incontournable et qui ne reviendra pas.  L’exposition temporaire mérite donc toutes les attentions du musée, ses efforts de marketing et de mise en scène du sujet.  

Pour le visiteur pressé que nous sommes, avec tant de choses à faire, deux heures max au musée, puis on magasine, on sort, ou on rentre faire le souper ou le ménage…C’est à peine si nous jetons un oeil sur la permanente. 

Mes vacances me permettaient enfin de m’offrir une trop rare visite libre dans un musée. Cette fois encore, un musée d’art, le Musée des beaux-arts de Montréal, moi aussi pour une exposition sur le peintre anglais John William Waterhouse.  La muséographie est comme toujours élégante et sert bien l’imagerie séduisante du peintre, sa palette colorée et son coup de pinceau très lisse. Le tout est on ne peut plus lisible et accessible à tous les publics. Il est probable qu’un certain public y trouvera même des harmonies involontaires avec l’univers ésotérico-antique-onirique des jeux vidéos qui marquent la culture populaire depuis de nombreuses années au point de se transposer au cinéma.

Le musée d’art offre ce que le musée d’histoire et de société a plus de difficulté à donner : l’expérience de la contemplation. Qu’on la comprenne ou pas, qu’on se méprenne sur l’œuvre ou pas, l’exposition d’art se donne à une observation libre qui ne demande pas à être confirmée. Le texte est présent, bien présent, (de plus en plus d’ailleurs), très prisé par les visiteurs qui s’agglutinent devant les panneaux d’introduction aux salles, mais à la limite facultatif pour celui ou celle qui souhaite se plonger dans cet univers visuel avec les quelques clés de compréhensions sommaires glanées dans le programme du  musée, la publicité ou les commentaires de proches et d’amis. Le musée d’histoire, quant à lui, a besoin du texte pour s’exprimer. Pour explorer l’exposition, le visiteur doit accepter de manier plusieurs outils, qu’on lui souhaite les plus conviviaux possibles. Le texte est un incontournable, car aucun objet, aucune image ou collection d’images ne suffiraient à rendre la complexité d’une époque ou d’un personnage. Cela peut éloigner bien des visiteurs qui n’aiment pas lire ou du moins, dans ces moments de loisir.

Mais venons-en au thème évoqué par le titre, les expositions permanentes, sujet que cette visite du MBA a remis en évidence pour moi. Dans la plupart des musées, mais encore plus dans les musées d’art, les expositions permanentes témoignent de l’histoire de la collection avec ses aléas, les goûts des donateurs et conservateurs successifs et d’une certaine vision de l’histoire de l’art.  Dans le cas des musées d’histoire ou de science, où au mieux ces expositions se renouvellent à tous les 8 ou 10 ans, au pire, à tous les vingt ans, elles présentent une vision du monde datée, en décalage avec les savoirs qui les fondent, ceux-là évoluant sans cesse au gré de la recherche et des débats qui animent les disciplines des sciences humaines et des sciences.  

Les expositions permanentes sont pourtant à mon avis, ou devraient être, une signature de l’institution.  Moins soumises aux aléas de la mode et des engouements populaires, elles devraient exposer la vision du monde du musée, ou du moins, son interprétation des savoirs disciplinaires.. Ce n’est pas toujours le cas. Voilà pourquoi, peut-être, les expositions permanentes d’art semblent si souvent impersonnelles et étonnamment aphones comparées aux temporaires. Pour l’amateur, le plaisir n’est pas moindre, car les œuvres sont là. Pourtant, le passage de la temporaire à la permanente crée l’impression de sortir d’une salle de fête où on est accueillis, accompagnés par un guide à l’intelligence vive, émouvant, avec de quoi boire et manger, pour entrer dans le vaste appartement d’un riche oncle neurasthénique et mal aimé qui accroche ses trésors sans les voir, qui les étale par époque sans comprendre ou nous faire comprendre ses choix, qui nous laisse les clés du lieu pour aller se recoucher aussitôt, en nous demandant de les replacer au retour.  Belle liberté qui nous incite à passer en trombe d’une salle à l’autre en toute vitesse avec pour seule compagnie les inévitables gardiens de la sécurité des œuvres et des droits d’auteur numériques…

Pourquoi une exposition permanente dans un musée d’art ne pourrait appliquer à sa collection permanente le même soin de séduire, d’expliquer et de convaincre que pour ses temporaires?  Pourquoi ne pourrait-elle oser nous offrir sa vision de l’histoire de l’art – forcément éphémère et en évolution, en renouvelant périodiquement son approche? Peut-être alors serait-t-il plus facile de convaincre le public friand de nouveautés de les fréquenter. Pour nos musées d’histoire contemporains, très muséographiés et interactifs, il faudra aussi trouver le moyen de créer des expositions permanentes qui pourraient traduire le mouvement de l’expérience et de la pensée de l’institution et de notre discipline de base.  Ceci plus souvent qu’aux dix ans.

Jean-François Leclerc

Historien et muséologue

Centre d’histoire de Montréal

Exposer = pasteuriser la vie 17 novembre, 2009

Posté par francolec dans : "expo quand tu nous tiens",blogue exposition,blogue muséologie,Commentaires expositions,Exposition,Matérialité,opinions exposition,Pirates,Pointe-à-Callière,Pureté , ajouter un commentaire

expositionpiratespcallire.jpggpirates2.jpg Images tirées de:  http://www.pacmusee.qc.ca/pages/Expositions/temporaires/

Une visite de l’exposition Pirates, corsaires et flibustiers du musée Pointe-à-Callière, m’a rappelé une observation que je me fais fréquemment.   

Un des modules d’exposition nous montrait le processus de dégradation de l’eau potable sur un navire.  D’un contenant à l’autre, l’eau encapsulée se peuplait de petits êtres et prenait des couleurs peu appétissantes.  Simple mais efficace moyen de montrer concrètement les « conditions de travail » difficiles des marins et des pirates.  Mais à part ce procédé discret et parlant, tout le reste du thème était traité très proprement, comme dans ces livres pour enfants où la réalité est si joliment dessinée que tout devient beau et agréable, quelle que soit l’objet ou le thème abordés.

 dscn5207.jpg

Tout ceci n’a rien d’exceptionnel.  La plupart des expositions font de même.  Nous essayons en effet de recréer l’illusion du réel et d’en évoquer les apparences en prenant ses habits sans assumer son caractère imparfait, charnel, odorant et impur.  Dans nos expositions, l’humaine condition se détache soudain de sa matérialité pour devenir spectacle et objet de contemplation esthétique.  La graphisme et le design y contribuent grandement, comme les matériaux bien assemblés et polis qui servent de support aux images, textes et objets. 

Toutes nos histoires deviennent alors des contes pour adultes qui au mieux, touchent ou informent, mais rarement remettent en contact avec la réalité évoquée.  Comme au théâtre, ce contact passe par la vue, l’esprit et le coeur mais bien peu par le corps du visiteur qui traverse nos représentations de son monde et de son passé, comme un fantôme déambule sur les lieux qu’il a jadis habités sans pouvoir jamais les toucher.  Si peu retrouve-t-il l’expérience de la matérialité pas toujours confortable qu’il vit au quotidien. 

On pourrait dire qu’en général, l’exposition « plastine » la réalité, comme le Dr Von Hagens le fait avec les corps.  Elle l’exprime en la transcendant, comme tout art cherche à le faire.  Mais ce faisant, ne perd-elle pas ce qui pourrait la différencier des autres médias de communication, ne s’éloigne-t-elle pas de ce contact direct que permettrait la matière et l’objet authentiques dont elle a hérités ainsi que l’espace et les trois dimensions de son lieu muséal? 

 Lorsque les critiques du musée le dénonçaient jadis comme un cimetière et un reposoir, ne faisait-il que décrier ses méthodes dépassées et ses moyens de communication désuets, ou touchaient-ils avec justesse cette relation distancée du musée avec la vie?  Peut-il en être autrement? Le visiteur, dans le théâtre muséal qui transforme le chose la plus banale en attraction, ne souhaite-t-il pas qu’on le sorte de son destin de mortel pour le projeter pendant quelques minutes dans un quotidien transfiguré?  Peut-être. 

Que l’eau continue donc à croupir, emprisonnée dans quelques capsules de verre, afin que nos expositions demeurent bien protégées de la vie comme de la mort. 

Jean-François Leclerc

Centre d’histoire de Montréal

On peut oublier son passé, mais…. 20 septembre, 2009

Posté par francolec dans : "expo quand tu nous tiens",Beigbeder,blogue exposition,blogue muséologie,Centre d'histoire de Montréal,Habitations Jeanne-Mance,HLM,mémoire,musée,muséologie , ajouter un commentaire

Clinique de mémoire aux Habitations Jeanne-Mance septembre 2009

 Une expérience toute récente m’amène à nouveau sur ce blogue ainsi qu’une citation, celle de l’écrivain Frédéric Beigbeder glanée ce week-end dan s un article sur son dernier roman autobiographique. « On peut oublier son passé. Cela ne signifie pas qu’on peut s’en remettre. » 

Hier, une femme me racontait son histoire, d’un trait, invitée à la faire dans un contexte dont je vous dirai plus quelques lignes plus loin.  Ses parents montréalais avaient quitté la grande ville dans les années cinquante pour aller cultiver une terre ingrate en Abitibi.  La misère les en avait vite chassés comme elle avait brisé leur couple. Pour la mère, après le retour à Montréal, ce fut ensuite la vie d’un logement minable à l’autre avec ses cinq enfants, tentant de joindre les deux bouts jusqu’au moment où elle put se trouver une appartement dans un HLM tout nouveau, le premier à Montréal.  Tout à coup, en me décrivant l’ultime déménagement de sa vie enfantine, la dame fondit en larmes : elle revoyait sa mère et ses frères et sœurs marchant en file indienne dans la neige sur les trottoirs cassés du centre-ville.  Ils emportaient leurs maigres biens sur des traîneaux (qu’on appelait ici des « traînes sauvages »), quittant le vieux logis insalubres et ses rats vers un nouvel appartement fraîchement peint.  Essuyant ses larmes et en s’excusant, elle me dit alors : enfant, je ne réalisais pas ce que je vivais, mais en le racontant aujourd’hui, je vois tout à coup la misère dans laquelle nous avions vécu pendant tant d’années.

Ce témoignage m’a  été confié lors d’une « clinique de mémoire » organisée par le Centre d’histoire de Montréal le 19 septembre dernier. Cette activité est un concept d’animation et de collecte de témoignages mis sur pied en 2003 pour souligner l’arrivée des Portugais au Canada et à Montréal et préparer une exposition sur cette communauté (voir http://www.culturemontreal.ca/mtl_cultures/030612p1_memoire.htm).  Nous l’avons repris à plusieurs reprises.

Cette fois, c’est aux Habitations Jeanne-Mance que nous avions installé notre kiosque, nos caméras et notre équipe sur le site d’une fête de retrouvailles pour les anciens résidants et résidantes du complexe.  J’étais un des intervieweurs.  Ce complexe d’habitations à loyer modique fête cette année son 50e anniversaire.  Les Habitations Jeanne-Mance, que les résidants nommaient aussi le Plan Dozois,  représentaient à l’époque la réalisation d’un rêve, celui  d’une cité modèle pour un secteur très pauvre de Montréal.  Comme ça s’est passé ailleurs, ce rêve avait « bulldozé » tout un quartier ancien, ses bordels et ses maisons de jeu,  pour donner un logis, des parcs et ses services « modernes » à des centaines de Montréalais.

Pour nombre des témoins, malgré nos idées préconçues, la vie dans ce complexe a été associée à une expérience de solidarité et la possibilité pour les familles de sortir du cercle de la misère.  Si les fondations du quartier déchu reposent désormais sous les tours et les maisons en rangée des années 1960, la souvenir de la misère, lui,  caché plus profondément encore, n’attendait qu’un peu d’écoute pour s’éveiller à nouveau.

Jean-François Leclerc

Centre d’histoire de Montréal

Titanic ou comment exposer un conte 28 août, 2009

Posté par francolec dans : "expo quand tu nous tiens",blogue exposition,blogue muséologie,Centre d'exposition Eaton,Commentaires expositions,expérience expositions,Exposition,exposition,mémoire,musée,muséologie,opinions exposition,Titanic , 2 commentaires

httpwwwlestresorsdutitaniccompdftitanicpressfrpdfadobereader.bmphttpwwwlestresorsdutitaniccompdftitanicpressfrpdfadobereader.bmp 

« Titanic. L’exposition » nous propose d’embarquer sur le majestueux vaisseau pour découvrir « les vrais objets, la vraie histoire ».  On invite le visiteur à s’identifier aux passagers en lui remettant une carte d’embarquement avec le nom de l’un d’entre eux.  La prise de la photo du grand départ (disponible moyennant quelques sous à la boutique…je m’en suis abstenu) semble lui promettre une belle expérience. Les salles de ce centre d’exposition situé dans un centre d’achat du centre-ville, le centre Eaton, sont vastes à susciter l’envie de bien des musées. La visite nous fait passer par des décors réalistes – couloir de la première classe, chambre, salle des machines etc. –   et plusieurs objets récupérés dans l’épave, interprétés par des panneaux et vignettes, dans une ambiance sonore adaptée à la scène.  Les humaines victimes de la tragédie sont représentées présentes les photos, biographies et objets personnels de quelques-unes.  La facture plaît certainement aux visiteurs.    http://www.youtube.com/watch?v=yQb0_c8ksZc&feature=related  Une histoire de naufrage spectaculaire, de mort, d’épave, de richesses et de luxe enfouis, voilà qui suffirait à nous émouvoir et à piquer notre curiosité, certes. Pourtant, l’émotion qu’elle devrait susciter semble avoir quitté le navire. Est-ce la faute de l’exposition et de sa muséographie…ou du visiteur que j’étais à ce moment ?  On peut penser que le film à succès de Cameron a trop bien réussi à exposer de manière réaliste tous les éléments de l’histoire.  Il ne reste plus grand-chose à découvrir, sinon quelques fragments et objets tirés des profondeurs de l’océan. Comme bien d’autres, l’histoire du Titanic s’use probablement un peu plus à chaque fois qu’on la médiatise.   Affiche du film TitanicUn autre phénomène pourrait expliquer cette impression d’asepsie émotive de l’exposition : L’histoire du Titanic est passée au cours du 20e siècle du statut d’événement historique à celui de conte.  « Il était une fois une arche de Noé en métal qui a englouti ceux qui, riches ou pauvres, se croyaient protégés par elle… ».  La sagesse populaire que transmet ce conte, comme bien d’autres depuis les débuts de l’humanité, pourrait s’énoncer comme suit : malgré leur orgueil, les humains ne peuvent vaincre les forces de l’univers ni ce dieu mystérieux qui gouverne leurs vies. Une hypothèse parmi d’autres : narré de manière factuelle, le conte du Titanic perdrait-il à la longue de sa force .  Se dissout-il dans un trop plein de réalité et de ses restes matériels remontés à la surface.  Avec lui, l’émotion ?   Une exposition doit parfois se faire conteur et dramaturge et s’éloigner des faits bruts afin de transmettre et actualiser le sens profond d’un événement historique.  Voilà ce que semble dire cette fois mon expérience de visiteur.  C’est probablement le cas du Titanic, après cent ans de remémoration presque permanente des faits.  Sans cette approche, à la longue, le récit du mythique navire pourrait bien faire naufrage, une dernière fois, redevenant ce qu’il fut : un fait divers. 

Un retour aux sources muséal 16 août, 2009

Posté par francolec dans : "expo quand tu nous tiens",blogue exposition,blogue muséologie,commentaire collection beaux-arts,Commentaires expositions,expérience expositions,Exposition,exposition,musée,muséologie,opinions exposition,Sainte-Anne-de-Beaupré , ajouter un commentaire

charlevoix200919.jpgcharlevoix200916.jpgcharlevoix2009.jpg

L’histoire des musées nous apprend que les premiers musées – dans le sens d’un lieu où sont conservés et exposés des objets, furent les temples grecs et romains puis par la suite les églises.  Le fameux « Mouseion » d’Alexandrie était en fait le lieu de réunion d’une académie de savants, les collections royales et la bibliothèque étant à proximité.  Pour un muséologue québécois, à défaut de vestiges de l’antiquité, un retour aux sources devrait périodiquement passer par une visite d’église ou d’un lieu de pélerinage.  Heureusement, beaucoup d’églises catholiques ont hérité d’une architecture qui évoque l’antiquité, ce qui ne peut que renforcer cette impression d’être en contact avec l’origine des musées. Le lieu de prière et de vénération des fidèles dans plusieurs traditions religieuses (qu’on pense seulement aux temples bouddhistes) ne réunit pas seulement une collection hétéroclite d’objets plus ou moins précieux et d’oeuvres d’art.  Il est aussi un lieu où on expose au regard des croyants les mythes et mystères de la foi par le moyen de statues, de tableaux, de citations gravées dans le pierre, de représentations multiples et récits illustrés.  La première exposition d’interprétation, pourrait-on dire, a donc probablement été produite par une église!  Moyen de communication tout autant que lieu de recueillement, le temple doit en effet convaincre et confirmer les croyants dans leur foi par divers moyens qui appartiennent certes à un autre âge mais qui, pour ceux qui ont été élevés et adhèrent à cette culture, sont encore efficaces.  Créer une ambiance qui prédispose à l’expérience souhaitée, impressionner, émouvoir, assurer un certain confort, proposer plusieurs manières de découvrir les lieux (déambulation, action, écoute passive, contemplation, etc.), voilà des principes qui président tout autant à la muséographie de nos musées et centres d’interprétation modernes, mais d’une autre manière. 

Ce médium de communication qu’est le temple-église s’est adapté à l’évolution du dogme avec lenteur et généralement, de manière cumulative.  La réforme catholique suivant Vatican II a évidemment changé la donne dans plusieurs églises, mais les lieux de pélerinages ont souvent conservé leur « muséographie » originelle. Pour cette raison, le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré vaut le détour (www.ssadb.qc.ca). L’impression de retour aux sources est renforcée par l’aspect du village de Sainte-Anne, étalé serré le long d’une rue principale au pied d’une crête rocheuse comme les bourgs du Moyen-Age ; la basilique est imposante, des chapelles votives s’accrochent à la colline, semblant puiser des profondeurs du roc leurs secrets et leur mystère.    Les photos ci-haut ne disent pas tout.  Il faut sentir le parfum de bois, d’encens et d’humidité, voir les pélerins, allumer un lampion (un geste d’appropriation du lieu), donc être un pèlerin au moins le temps de ce pèlerinage…muséologique.   Une des photos illustre toutefois parfaitement l’accumulation historique des moyens de communication des expositions ecclésiales. Voyez ce diorama  (non, ce n’est pas le bedeau  en train d’épousseter le chemin de croix mais la représentation d’une scène de la vie d’un saint moderne), accolé à des mosaïques, des tableaux, des fresques, des haut-reliefs…et écran de télévision.  Une belle anthologie de la muséographie religieuse dans un type de lieu qu’on n’associe pas spontanément au médium de l’exposition. J’oubliais:  le Cyclorama de Jérusalem, gigantesque scène en 3D réalisée par divers peintres et terminée en 1882. Il fit une tournée de grandes capitales d’Europe jusqu’à Montréal, avant d’être installé à Sainte-Anne en 1895.  Pourquoi y aller, malgré le thème et la scène biblique on ne peut plus paisible et pastorale?  Ce fut le IMAX de l’époque  et peu d’exemples demeurent dans le monde! (http://www.cyclorama.com/fr/histoire.htm Jean-François Leclerc Muséologue Centre d’histoire de Montréal 

Vieux comme le monde…ou presque 10 août, 2009

Posté par francolec dans : "expo quand tu nous tiens",blogue exposition,blogue muséologie,Centre d'exposition Eaton,commentaire collection beaux-arts,Commentaires expositions,expérience expositions,Exposition,exposition,musée,muséologie,opinions exposition,Titanic , ajouter un commentaire

musecharlevoix20099.jpgmusecharlevoix20097.jpgmusecharlevoix20096.jpgmusecharlevoix2009.jpg

 

Rien de mieux qu’un voyage touristique, où que ce soit, pour réaliser qu’en situation de loisir et de détente, le visiteur naturellement paresseux que nous sommes dans ces moments de farniente aime bien soit se dépayser totalement, soit retrouver en exposition des gestes et des habitudes qu’il connaît bien et qui lui facilitent la vie, sans avoir à se casser la tête.

 

Une visite au Musée de Charlevoix, cette fois, fut l’occasion de vivre une micro-expérience de ce type:  dans un espace de l’exposition permanente sur l’art populaire et l’histoire de la région, un plateau où est disposé un simple album aux pages plastifiées et boudinées.  L’album contient des reproductions de cartes postales anciennes de la région.  Rien de technologiquement avancé et une proposition on ne peut plus familière, celle de feuilleter un album bien assis sur un banc mis à notre disposition (merci!), comme si nous étions chez nos grands-parents.  Le même sentiment de découvrir le passé d’une région comme s’il appartenait à notre propre famille, par la magie du médium archi-connu de la carte postale et l’effet du geste lent de tourner des pages mille fois repris depuis notre petite enfance. 

 

Tout simple, mais tout de même efficace, car inévitablement, au gré de la curiosité, on cherche à identifier la scène ou le paysage représenté.  Il en reste donc quelque chose.

 

En 2001, dans son exposition permanente, le Centre d’histoire a utilisé ce procédé  vieux comme…l’imprimé.  Elle donne au visiteur le sentiment d’être actif et d’avoir le choix.  Ça marche.  Tout dépend du visiteur, évidemment!

 

Jean-François Leclerc

Muséologue

Centre d’histoire de Montréal

 

« Raconte ». Le musée et le travail de mémoire. 7 août, 2009

Posté par francolec dans : blogue exposition,blogue muséologie,Exposition,mémoire,musée,Musée des Beaux-Arts du Canada,muséologie , 1 commentaire

Ulysse?

Au gré de mes lectures, je cueille parfois des citations d’auteurs qui n’ont rien à voir avec la muséologie mais qui me semblent exprimer à merveille les fondements de ce que nous faisons dans les musées.  Une de nos missions est en effet de préserver et communiquer le témoignage vivant qui fait partie également du patrimoine mondial, comme on le reconnaît de plus en plus.

Mais quel est l’intérêt de ce travail, pris en charge dans le cas du Centre d’histoire de Montréal particulièrement par son Musée de la personne ww.muséedelapersonne.ca . Pourquoi faire parler, écouter et enregistrer les récits de vie ?  Une accumulation un peu vaine de souvenirs ou un travail nécessaire ? 

L’écrivain Milan Kundera, dans son roman L’ignorance, publié en 2003 chez Gallimard, évoque l’expérience ambivalente des émigrés tchèques après la chute du mur devant leur possible retour dans le pays qu’ils ont quitté sous le régime communiste, comme son personnage Irena, et l’expérience de ceux  qui sont restés.  L’aventure mythique d’Ulysse lui sert de miroir antique pour ancrer une réflexion dont je cite un extrait (pp.36-37) : 

« Pendant les vingt ans de son absence, les Ithaquois gardaient beaucoup de souvenirs d’Ulysse, mais ne ressentaient pour lui aucune nostalgie.  Tandis qu’Ulysse souffrait de nostalgie et ne se souvenait de presque rien. On peut comprendre cette curieuse contradiction si on se rend compte que la mémoire, pour qu’elle puisse bien fonctionner, a besoin d’un entraînement incessant : si les souvenirs ne sont pas évoqués, encore et encore, dans les conversations entre amis, ils s’en vont.  Les émigrés regroupés dans des colonies de compatriotes se racontent jusqu’à la nausée les mêmes histoires qui, ainsi, deviennent inoubliables.  Mais ceux qui ne fréquentent pas leurs compatriotes, comme Irena ou Ulysse, sont inévitablement frappés d’amnésie.  Plus leur nostalgie est forte, plus elle se vide de souvenirs.  Plus Ulysse languissait, plus il oubliait.  Carla nostalgie n’intensifie pas l’activité de la mémoire, elle n’éveille pas de souvenirs, elle se suffit à elle-même, à sa propre émotion, tout absorbée qu’elle est par sa seule souffrance. (…)  Pendant vingt ans  il (Ulysse) n’avait pensé qu’à son retour.  Mais une fois rentré, il comprit, étonné, que sa vie, l’essence même de sa vie, son centre, son trésor, se trouvait hors d’Ithaque, dans les vingt ans de son errance.  Et ce trésor, il l’avait perdu et n’aurait pu le retrouver qu’en racontant.. (…)Mais à Ithaque il n’était pas un étranger, il était l’un des leurs et c’est pourquoi l’idée ne venait à personne de lui dire :  « Raconte ». 

« Raconte ».  Le récit permet donc d’abord à celui qui le porte de retrouver et de consolider le trésor de son expérience et ainsi, de le préserver dans sa propre mémoire.  En sollicitant cette mémoire, le musée devient un déclencheur et contribue à la préservation de ce patrimoine personnel.  Tant mieux s’il peut préserver de manière plus tangible ce témoignage par son enregistrement et sa diffusion.  Quoiqu’il en soit,  le simple fait de demander à une personne de se raconter permettra à sa mémoire d’exister, de s’enraciner dans le présent pour devenir une partie de son quotidien et de ceux qui l’entourent.   

Le patrimoine, c’est d’abord dans la vie qu’il se forme avant d’être adopté et transmis par la collectivité et par les institutions qui en ont la mission. 

Jean-François Leclerc

Muséologue

Centre d’histoire de Montréal

Souviens-toi d’Imagine 30 juin, 2009

Posté par francolec dans : blogue exposition,blogue muséologie,commentaire collection beaux-arts,Commentaires expositions,expérience expositions,Exposition,exposition,musée,Musée des Beaux-Arts du Canada,muséologie,opinions exposition , ajouter un commentaire

Bien oui, le temps me manque pour alimenter ce blogue, mais je le vois pointer avec les vacances qui approchent.  Patience.  Alors, pourquoi pas un souvenir de l’exposition Imagine au Musée des Beaux-Arts de Montréal, qui date de trois mois environ.  Un succès de foule certainement que cette exposition  Alors, ce qui plaît et comme je le suggère, ce qui marche? 

Un muséologue dans une exposition a toujours un regard un peu oblique et vit l’expérience différemment, mais cela ne l’empêche pas d’y prendre plaisir.  Avouons que cette exposition comme expérience fonctionne.  Pourtant, l’exposition offre peu d’objets originaux ou du moins peu spectaculaires (le piano bien sûr, une guitare etc).  On ne peut tout de même se pâmer longtemps devant des pochettes de disques ou des dessins qui sont à la limite des reliques, à moins d’être un fan fini des Beatles  ou de cette époque, ce que je n’étais et ne suis pas (j’aime bien, c’est tout).  Le propos de l’exposition est finalement assez sérieux - et intelligent – comme il se doit, et nous fait découvrir Yoko et John plus artistes visuels et innovateurs qu’on l’aurait cru, sans oublier leur capacité d’utiliser leur célébrité et les dadas des médias pour faire un marketing efficace de leurs idéaux pacifistes. 

Mais les clés de l’efficacité de l’exposition se trouvent également dans son esthétique franche, dépouillée, avec cette dominante de blanc qui évoque la photo-icône des deux vedettes vêtues de blanc sur leur lit blanc, dans une mise en scène qui tient parfois de l’installation (on reconnaît sans pouvoir les nommer certaines oeuvres ou manières contemporaines des derniers 50 ans), laquelle met surtout en évidence le mobilier-décor et les grandes images.  Le tout tire finalement assez bien les ficelles plus ou moins conscientes de notre bagage esthétique associé aux années 1960 et 1970 et à Yoko et J0hn Lennon. 

Aussi, une mise en scène théâtrale qui rend John et Yoko si présents par leur absence.  On a en effet l’impression de traverser une grande scène de théâtre pendant l’entracte lors d’une représentation, avant que les acteurs n’y entrent à nouveau. Ce stratagème voulu ou non fonctionne.  Il est à retenir pour les expositions qui portent sur des personnages historiques. L’accumulation d’objets, d’oeuvres, de références, de textes renforce souvent le sentiment de leur mort et de leur absence définitives – comme un mausolée, alors que le dépouillement (à grand déploiement dans ce cas!), nous fait sentir leur évanescente présence (le petits film d’art de Yokko Ono où on voit Lennon respirer au ralenti suffit d’ailleurs amplement.)

Les éléments et oeuvres participatives créent aussi une communion entre le visiteur et le sujet de l’exposition.  La planche à clous de Yoko (je crois) nous met en contact direct avec le moment de la création de l’oeuvre et de son exposition des décennies plus tôt.  Les arbres à message aussi, une presque cliché esthétique mais réussi, nous sollicitent. Cela pouvait certainement étonner les visiteurs peu habitués peu habitués à ce genre de jeux dans des expositions d’art.

http://photo.photojpl.com/tour/exposition-imagine

Deux autres clés à mon avis de l’expérience offerte par Imagine, encore plus fondamentales peut-être même si elles ne suffiraient pas à elles seules:  la première, que tous les musées ne peuvent se payer (en raison de leur mission ou de leurs thématiques), un thème ou des personnages mondialement connus, précédés par des décennies de promotion universelles et modelés suffisamment par les médias pour être facilement communicables et être logés dans notre conscient collectif.  La seconde, un message également universel, dans ce cas, pacifiste, qui rejoignait dans ce cas beaucoup celui des plus jeunes plongés dans une autre époque de mondialisation que les années 1960 et 1970 mais de mondialisation tout de même:  il était intéressant de noter dans le cahier de commentaires de nombreux messages portant non sur l’appréciation de l’exposition mais sur la paix et l’amour!  L’exposition précédente sur Andy Warhol avait aussi cet avantage (et ce même traitement théâtral).

À retenir!

Jean-François Leclerc

Centre d’histoire de Montréal

 

 

123

L'Art enfante Un® |
Agricola... Aquarelles en ... |
"d'Une Rive à l'Autre" 23 e... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Marianne Leuba Willemin, le...
| Graphiste & Illustratri...
| LA PETITE GALERIE