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Souviens-toi d’Imagine 30 juin, 2009

Posté par francolec dans : blogue exposition,blogue muséologie,commentaire collection beaux-arts,Commentaires expositions,expérience expositions,Exposition,exposition,musée,Musée des Beaux-Arts du Canada,muséologie,opinions exposition , ajouter un commentaire

Bien oui, le temps me manque pour alimenter ce blogue, mais je le vois pointer avec les vacances qui approchent.  Patience.  Alors, pourquoi pas un souvenir de l’exposition Imagine au Musée des Beaux-Arts de Montréal, qui date de trois mois environ.  Un succès de foule certainement que cette exposition  Alors, ce qui plaît et comme je le suggère, ce qui marche? 

Un muséologue dans une exposition a toujours un regard un peu oblique et vit l’expérience différemment, mais cela ne l’empêche pas d’y prendre plaisir.  Avouons que cette exposition comme expérience fonctionne.  Pourtant, l’exposition offre peu d’objets originaux ou du moins peu spectaculaires (le piano bien sûr, une guitare etc).  On ne peut tout de même se pâmer longtemps devant des pochettes de disques ou des dessins qui sont à la limite des reliques, à moins d’être un fan fini des Beatles  ou de cette époque, ce que je n’étais et ne suis pas (j’aime bien, c’est tout).  Le propos de l’exposition est finalement assez sérieux - et intelligent – comme il se doit, et nous fait découvrir Yoko et John plus artistes visuels et innovateurs qu’on l’aurait cru, sans oublier leur capacité d’utiliser leur célébrité et les dadas des médias pour faire un marketing efficace de leurs idéaux pacifistes. 

Mais les clés de l’efficacité de l’exposition se trouvent également dans son esthétique franche, dépouillée, avec cette dominante de blanc qui évoque la photo-icône des deux vedettes vêtues de blanc sur leur lit blanc, dans une mise en scène qui tient parfois de l’installation (on reconnaît sans pouvoir les nommer certaines oeuvres ou manières contemporaines des derniers 50 ans), laquelle met surtout en évidence le mobilier-décor et les grandes images.  Le tout tire finalement assez bien les ficelles plus ou moins conscientes de notre bagage esthétique associé aux années 1960 et 1970 et à Yoko et J0hn Lennon. 

Aussi, une mise en scène théâtrale qui rend John et Yoko si présents par leur absence.  On a en effet l’impression de traverser une grande scène de théâtre pendant l’entracte lors d’une représentation, avant que les acteurs n’y entrent à nouveau. Ce stratagème voulu ou non fonctionne.  Il est à retenir pour les expositions qui portent sur des personnages historiques. L’accumulation d’objets, d’oeuvres, de références, de textes renforce souvent le sentiment de leur mort et de leur absence définitives – comme un mausolée, alors que le dépouillement (à grand déploiement dans ce cas!), nous fait sentir leur évanescente présence (le petits film d’art de Yokko Ono où on voit Lennon respirer au ralenti suffit d’ailleurs amplement.)

Les éléments et oeuvres participatives créent aussi une communion entre le visiteur et le sujet de l’exposition.  La planche à clous de Yoko (je crois) nous met en contact direct avec le moment de la création de l’oeuvre et de son exposition des décennies plus tôt.  Les arbres à message aussi, une presque cliché esthétique mais réussi, nous sollicitent. Cela pouvait certainement étonner les visiteurs peu habitués peu habitués à ce genre de jeux dans des expositions d’art.

http://photo.photojpl.com/tour/exposition-imagine

Deux autres clés à mon avis de l’expérience offerte par Imagine, encore plus fondamentales peut-être même si elles ne suffiraient pas à elles seules:  la première, que tous les musées ne peuvent se payer (en raison de leur mission ou de leurs thématiques), un thème ou des personnages mondialement connus, précédés par des décennies de promotion universelles et modelés suffisamment par les médias pour être facilement communicables et être logés dans notre conscient collectif.  La seconde, un message également universel, dans ce cas, pacifiste, qui rejoignait dans ce cas beaucoup celui des plus jeunes plongés dans une autre époque de mondialisation que les années 1960 et 1970 mais de mondialisation tout de même:  il était intéressant de noter dans le cahier de commentaires de nombreux messages portant non sur l’appréciation de l’exposition mais sur la paix et l’amour!  L’exposition précédente sur Andy Warhol avait aussi cet avantage (et ce même traitement théâtral).

À retenir!

Jean-François Leclerc

Centre d’histoire de Montréal

 

 

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